Ils racontent

Des soirées sauvées.
Des vies (presque) transformées.

Trois témoignages de personnes ordinaires qui avaient un problème très sérieux : elles n'arrivaient plus à choisir un film.

M

« On a failli divorcer à cause de Netflix. »

Mathieu et sa femme Claire avaient un rituel immuable : le vendredi soir, dîner, canapé, Netflix. Ce qui devait durer vingt minutes — le temps de choisir un film — durait en réalité entre une heure quinze et, lors d'un épisode mémorable de janvier 2024, deux heures quarante-sept.

"On proposait chacun des films, l'autre disait 'ouais pourquoi pas' sans enthousiasme, on scrollait encore, on repassait sur les mêmes films, et au bout d'un moment on regardait la bande-annonce d'un truc qu'on avait déjà vu ensemble. Deux fois."

Le point de rupture : un vendredi de mars où Claire a dit, les yeux dans les yeux, "Je pense qu'on devrait aller se coucher." Il était 20h53. Ils ont regardé le plafond en silence pendant vingt minutes.

C'est le collègue de Mathieu — "un mec bizarre qui connaît tous les films" — qui lui a parlé d'idéefilm. "J'ai tapé Interstellar parce que c'est le seul film récent dont je me souvenais. Ça m'a sorti une liste en trente secondes. Claire a swipé deux fois. On regardait Prisoners dix minutes plus tard."

Mathieu marque une pause. "On a pleuré tous les deux. C'était bien le film, mais je pense qu'on pleurait aussi de soulagement."

Depuis, le vendredi soir dure vingt minutes, comme prévu. Le mariage est sauvé. Le collègue bizarre a été invité à dîner.

"Idéefilm a sauvé mon mariage. Je dis ça sérieusement. Ma femme dit que j'exagère. Elle n'exagère pas."
Film trouvé ce soir-làPrisoners (2013)
C

« J'avais 347 films "à voir". J'en avais regardé zéro. »

Céline a un compte Letterboxd avec 347 films dans sa watchlist. Elle a créé ce compte en 2019. En 2025, elle avait regardé, depuis sa création, un total de quatre films de cette liste.

"Le problème c'est que j'ajoutais des films tout le temps — une critique dans un magazine, un titre mentionné dans un podcast, un post Instagram — mais le soir venu, j'ouvrais ma liste et je me sentais paralysée. Trop de choix. Trop d'attentes. Et puis j'avais peur de ne pas être dans le bon état d'esprit pour le bon film."

Céline avait développé un système complexe : sous-listes par humeur, par durée, par pays d'origine, par décennie. Elle avait passé plus de temps à organiser sa watchlist qu'à regarder quoi que ce soit. "C'était devenu un projet en soi. Une œuvre. Je la trouvais presque trop belle pour y toucher."

Un soir d'octobre, après avoir ouvert et fermé quatre applications différentes, elle a tapé "comédie romantique italienne des années 70" dans idéefilm, par désespoir autant que par curiosité. "Ça m'a répondu en dix secondes avec une liste que je n'aurais jamais construite moi-même. Y'avait des films que je connaissais pas, et pourtant c'était exactement ce que je voulais."

Elle a regardé Amarcord ce soir-là. Puis Divorce à l'italienne le lendemain. "J'ai réalisé que le problème c'était pas le choix. C'était que je voulais que quelqu'un d'autre choisisse pour moi, mais quelqu'un qui me connaissait vraiment."

Sa watchlist compte maintenant 349 films. Mais elle en a regardé onze depuis octobre. Pour Céline, c'est une révolution.

"J'ai arrêté de collectionner des films pour commencer à en regarder. Nuance énorme."
Film trouvé ce soir-làAmarcord (1973)
G

« Mon fils a essayé de m'expliquer Netflix pendant trois ans. »

Gérard a regardé des films toute sa vie. Au cinéma, en VHS, en DVD. Il a une collection de 240 DVD parfaitement rangés par ordre alphabétique dans le salon, ce qui "fait le désespoir de ma femme depuis 2003". Mais Netflix, non. "C'est trop. Y'a trop de choses. Et ça bouge tout le temps. La semaine d'après, le film que t'avais repéré, il est plus là."

Son fils Théo — "il travaille dans l'informatique, il sait tout sur tout" — lui a créé un compte Netflix, lui a fait une visite guidée, lui a laissé un mémo de deux pages. Gérard a regardé la même série policière allemande en boucle pendant dix-huit mois parce que "au moins je sais ce que c'est".

C'est Théo, justement, qui lui a montré idéefilm lors d'un dîner de famille. "Il a tapé un de mes films préférés — Le Guépard, Visconti, 1963 — et ça a sorti une liste. J'en connaissais la moitié, l'autre moitié j'avais jamais entendu parler."

Gérard a passé le reste du dîner à regarder la liste sur le téléphone de son fils. "Y'avait des films italiens que j'aurais dû voir depuis quarante ans et que j'avais loupés. Comment c'est possible ? Comment une machine sait ça ?"

Théo lui a installé idéefilm en raccourci sur la tablette familiale. Depuis, Gérard et sa femme Monique ont une nouvelle pratique du dimanche après-midi : un film trouvé en moins de cinq minutes, regardé sur l'ordinateur du salon — "la télé c'est pour le journal" — avec un verre de vin blanc.

"Je suis pas devenu moderne. Mais j'ai arrêté de revoir Le Guépard tous les deux mois juste parce que je savais pas quoi mettre d'autre." Il réfléchit. "Enfin, je le remets quand même de temps en temps. C'est Visconti."

"C'est la première chose informatique qui a marché pour moi du premier coup. Et j'ai essayé beaucoup de choses informatiques."
Film trouvé ce soir-làIl Gattopardo (1963)

Et vous, c'est quoi votre histoire ?

Ça commence par un film que vous avez aimé. Le reste, on s'en occupe.

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